lundi, 11 octobre 2021
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L’Union Suisse des paysannes et des femmes rurales (USPF) a pris position le 6 octobre 2021 sur l’article de l’OFAG annonçant une hausse des revenus agricoles en 2020 et des prévisions similaires pour 2021. Nous saluons leur communication que nous partageons pleinement parce qu’elle place dans une perspective adéquate la soi-disant augmentation du revenu agricole sur 2020.

Nous ajouterons à cela que le Conseil Fédéral force la disparition des fermes, des paysan.ne.s par sa politique de concurrence débridée, au travers d’importations qui ne répondent à aucuns critères de durabilité et dont les coûts sont externalisés sur l'environnement, les paysan.ne.s, les travailleu.se.s agricoles et la collectivité. Ce même Conseil Fédéral exige toujours plus d'écologie mais sans permettre aux paysan.ne.s d’être mieux rémunéré.e.s.

En effet, l’USPF indique dans son communiqué que : « Pour l’année 2020, les revenus agricoles moyens augmentent de 6,7% par rapport à 2019. C’est une bonne nouvelle, mais qui mérite un approfondissement quant aux facteurs et une mise en perspective pour apprécier les résultats 2021. En effet, plusieurs indications sont à prendre en compte, qui apportent un éclairage nettement moins optimiste pour cette année. »

L’USPF appuie sur le fait que : « La prise en compte des revenus extra-agricoles, y compris ceux acquis par les partenaires de vie, subsiste pour la détermination des flux de trésorerie et des liquidités des exploitations agricoles suisses et celle du revenu total des familles paysannes. On peut se demander si une telle méthode ne contribue pas à présenter la situation financière de l’agriculture suisse de manière biaisée en la plaçant sous un jour trop favorable et si elle correspond encore aux temps actuels ? »

L’USPF met aussi en avant que : « le revenu du travail augmente par le simple fait que le nombre d’unités de main-d’oeuvre familiale (UTAF) occupées diminue. La charge de travail s’en trouve donc répartie sur un nombre plus bas de membres de la famille, certains effets ne sont pas mesurés mais peuvent avoir des conséquences négatives. Il faut insister aussi sur le fait que, comme les années précédentes, les revenus agricoles sont encore bien plus bas que le revenu des employés des secteurs secondaire et tertiaire. La différence va de près de 12'000 francs par année et par UTAF en plaine à plus de 29'000 francs en montagne. La médiane du revenu du travail ne représente que 85% à 56% du salaire comparable dans ces deux régions respectives. »

Et se questionne de comprendre pourquoi : « le Conseil fédéral persiste à ne pas appliquer l’article 5 de la loi fédérale sur l’agriculture, en particulier son alinéa 2, qui prévoit que « Si les revenus sont très inférieurs au niveau de référence, le Conseil fédéral prend des mesures temporaires visant à les améliorer. »

L’USPF appelle également à une meilleures répartition des marges tout au long de la chaîne de valeur : « (…) tant que la transparence et une meilleure répartition des marges ne seront pas assurées tout au long de la chaîne de création de valeurs en matière de denrées alimentaires produites en Suisse, il sera difficile de garantir une durabilité dans ses trois aspects (social, économique et écologique) pour les familles paysannes. »

CP de l’USPF